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L’analyse explore la révolution poétique initiée par Rimbaud à travers sa conception de la voyance, entendue comme dissolution du moi dans une parole transpersonnelle. En s’appuyant sur la psychocritique de Charles Mauron, elle révèle les structures inconscientes de l’écriture rimbaldienne, où le langage devient lieu de combustion intérieure et d’effacement du sujet. La voyance ne vise pas une vérité personnelle, mais une alchimie verbale où le poète, traversé par des forces impersonnelles, devient médium d’un absolu. Le « dérèglement de tous les sens » agit comme stratégie de déliaison psychique, ouvrant sur un imaginaire halluciné et fragmenté. Les images oniriques, ruptures syntaxiques et éclats verbaux ne traduisent pas une intériorité conflictuelle, mais mettent en scène un inconscient peuplé de forces anonymes. Le texte devient alors espace rituel, théâtre de sacrifice du moi, où advient une parole sans origine ni identité. L’approche psychocritique permet ainsi de lire la poésie de Rimbaud comme une transmutation du langage, vecteur d’une expérience limite : celle de l’absolu comme altérité radicale. Ce déplacement méthodologique éclaire l’impact de Rimbaud sur l’imaginaire du XXᵉ siècle, en inaugurant une poétique de la disparition et de la voyance.
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