Revue des lettres, des sciences du langage, des sciences de la communication et des sciences de l’éducation
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De l’eau du mythe au mythe de l’eau en pays seereer du Bawol
Auteur.e.s
Mbaye THIAO
.
Résumé
Manne concédée par les puissances chtoniennes ou ressource céleste, l’eau est
représentée dans les mythes seereer du Bawol comme un élément essentiel dans les pratiques
culturelles et cultuelles. Indispensable à toute vie, sa figuration dans les productions littéraires
épouse la vision du monde du terroir. Outre ses multiples usages quotidiens, ses vertus nutritives
et thérapeutiques, l’eau est au cœur de la pensée religieuse des Seereer. Son utilisation est
assujettie à des règles coutumières édictées à la suite d’un pacte scellé par l’ancêtre fondateur
avec les esprits tutélaires, « maîtres des eaux ». Les bains mystiques, les philtres, les libations
propitiatoires se fondent sur les croyances ancestrales y afférentes. Au fil du temps, son
symbolisme et ses analogies ont donné naissance à un véritable mythe de l’eau à telle enseigne
que son champ sémiotique traverse les frontières du visible et de l’invisible, des morts et des
vivants, de l’animal et de l’humain ou du végétal. Aussi l’imaginaire collectif seereer lui
attribue-t-il des vertus mystiques et des pouvoirs ésotériques de sorte que certains points d’eau
sont érigés en sanctuaires où les populations effectuent des bains propitiatoires, des
immolations et autres sacrifices à travers lesquels des femmes et des hommes perpétuent des
cultes païens.