Revue des lettres, des sciences du langage, des sciences de la communication et des sciences de l’éducation
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Sur l’immortalité : Mohammed Iqbal (1877-1938) contre Averroès (1126-1198)
Auteur.e.s
Ndiaga DIOP
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Résumé
À la différence d’Ibn Rushd (Averroès) chez qui l’individualité, au nom d’une théorie de
l’intellect, semble être mésestimée, Mohammed Iqbal fait valoir dans sa pensée philosophicothéologique
qu’elle est la possession la plus chère de l’homme, qui doit d’ailleurs la
considérer comme un bien ultime. Chez Averroès, en effet, la théorie de l’âme n’est pas
compréhensible sans la dépréciation de la personnalité au profit d’un intellect unique pour
tous les hommes, séparé et éternel contrairement aux âmes individuelles guère rémanentes
encore moins disposées aux châtiments et récompenses de la vie future. Dans le cadre de ce
qu’on peut appeler une philosophie de l’individualité, Iqbal (un philosophe musulman
moderne) s’insurge contre cette vision métaphysique et la conception eschatologique qu’elle
implique. Ce faisant, il s’attache à rétablir la personnalité dans ses prétentions à
l’individualité, condition sine qua non pour gagner une immortalité qui ne s’obtient
néanmoins qu’au prix d’un effort constant.