Revue des lettres, des sciences du langage, des sciences de la communication et des sciences de l’éducation
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CULTE POÉTIQUE ET RITUALITÉ, DANS LES TEXTES POÉTIQUES NÉGRO-AFRICAINS : L’EXEMPLE DE DJÈLÉNIN-NIN POUR TOI MON AFRIQUE DE TOH BI TIÉ EMMANUEL
Auteur.e.s
Dr. DEZA ZEHIO ELIANE
Dr. DJAKARIA YAYA COULIBALY.
Résumé
La poésie est l’art langagier résultant d’un rapport intuitif avec les êtres et les
choses, ou avec l’essence et l’existence. Elle est aussi une rhétorique évènementielle de la
création et de la réinvention du monde qui l’apparente à un culte ou à un rituel.
D’ailleurs, l’acte poétique, caractérisé par l’usage initiatique de la parole, se trouve être
en lien étroit avec le rituel ou le sacré. Les poètes négro-africains ne peuvent donc
s’empêcher d’opérer un rapprochement entre rituel littéraire et tradition orale, d’où sa
version initiatique. C’est le cas de Djèlénin-nin, rituel funéraire ou danse de deuil gouro,
ritualisée artistiquement par TOH BI Tié Emmanuel, mettant en relief la dialectique
poésie et spiritualité, qui, de par leur aperçu général, semblent être aux antipodes l’une de
l’autre. Ici, on perçoit comment, par le biais de son objet (Djèlénin-ni), la poésie devient
un culte au point de faire corps commun avec le rite ou la ritualité, d’autant plus que les
deux notions ont en commun le spirituel où l’on se retrouve déconnecter avec le réel
faisant place à un état de méditation ou de transcendance. Il s’agit, dans cette analyse, de
démontrer, au moyen de la stylistique et des nouvelles théories d’approche des textes
poétiques négro-africains, comment la poésie, expérience linguistique subliminale,
parvient à gagner en dualité, en s’associant à un rituel initiatique. La poésie est-elle moins
une magnificence linguistique qu’une expression spirituelle ?